Le concept initial a été introduit en 2013. Celui-ci était détaillé dans un livre blanc écrit par le programmeur russo-canadien Vitalik Buterin. Buterin, 19 ans à l’époque, avait déjà participé au développement du Bitcoin pendant plusieurs années. Et en 2014, il reçut la Bourse Theil et 100.000$.

Cela l’incita à quitter l’université et à se consacrer au développement d’Ethereum à temps plein. En tant que membre actif dans le milieu des crypto-monnaies, Buterin a pu voir tout le potentiel d’extension de la structure blockchain… Bien au-delà du Bitcoin !

La vision initiale du projet Ethereum était de créer une plateforme suffisamment large que pour pouvoir développer des applications décentralisées sans remaniement. En termes simples, Buterin a imaginé une structure capable de rivaliser avec le Bitcoin en tant que monnaie, mais aussi d’envisager les transactions financières au-delà d’un échange entre personnes.

Un nouveau modèle

La vision ultime de Buterin pour son projet Ethereum peut être assimilée à une tentative de dépasser le simple échange de valeurs. En bref, transposer le modèle des crypto-monnaies à d’autres secteurs en tenant compte des enseignements tirés du réseau cryptographique mondial décentralisé qu’est le Bitcoin.

Plutôt que de court-circuiter l’intermédiaire, et de simplement transférer des flux d’argent, les programmeurs ont vu la possibilité d’utiliser des « bitcoins » pour représenter les marchandises, les produits dérivés ou même les actes immobiliers. Englobant à peu près tout ce qui est défini, une unité de code fixe qui pourrait fonctionner comme un actif numérique. En substance, Buterin envisageait comment la plateforme pourrait supprimer les arbitres conventionnels de confiance et permettre une nouvelle vague de développement d’applications.

Parmi celles-ci, une qui pourrait éventuellement transformer la façon dont nous effectuons aujourd’hui des transactions dites « de confiance. » C’est-à-dire, sans utiliser les systèmes juridiques lents et complexes qui existe aujourd’hui.

Dès 2014, Ethereum avait mis sur pied une équipe de développeurs, obtenu un soutien considérable et était officiellement en cours de développement. En juillet-août de la même année avait lieu la première vente de la crypto-monnaie Ether.

Les recettes engrangées alors ont permis de poursuivre le développement du logiciel. Le 30 juillet 2015, la première version d’Ethereum était officiellement mise en ligne.

Aujourd’hui, Ethereum est entretenu par une équipe de développeurs centralisée, dont le fondateur Vitalik Buterin fait toujours partie. Le projet en lui-même est quant à lui chapeauté par une organisation suisse à but non lucratif appelée la Fondation Ethereum.

Bitcoin – Ethereum : deux devises bien distinctes

Contrairement au Bitcoin, dont on ignore tout du créateur, Buterin sert de figure de proue pour ce projet et son identité est fondamentalement liée à Ethereum. Bien qu’il existe de nombreux autres programmeurs et chercheurs qui contribuent au développement d’Ethereum, Buterin est généralement considéré comme l’inventeur et le « visage » du projet, à l’instar d’un chanteur dans un groupe de musique.

Certains critiques ont cependant exprimé leur inquiétude quant à son rôle central dans le projet Ethereum et à une sorte de « culte de la personnalité » autour du personnage. Pourtant, l’Ether, en tant que devise (et malgré des périodes de forte volatilité), est devenue l’une des devises numériques les plus précieuses dans le monde des crypto-monnaies.

Tout au long de sa courte histoire, Ethereum a suscité un intérêt international, recevant beaucoup de soutien d’une part et beaucoup de critiques également. Le point qui concentre le plus grand nombre de ces critiques est la nouveauté du projet. En effet, il s’agit d’une technologie tellement nouvelle qu’il est quasi impossible de prédire ce que l’avenir réserve à la plateforme Ethereum. Tout au long des années 2016 et 2017, nous avons constaté une forte augmentation de l’intérêt mondial pour les crypto-monnaies ainsi que pour le concept de la technologie blockchain.

Et ce, quel que soit le secteur industriel ou institutionnel. Pour d’aucuns, la plateforme Ethereum représente ce qui se rapproche le plus d’un framework de construction d’applications reposant sur les blockchains : décentralisé et capable de fonctionner de manière autonome. Dans le même temps, Ethereum n’en est encore qu’à ses débuts…

Un futur radieux…

Beaucoup affirment que le projet n’a pas encore atteint un niveau de stabilité, de sécurité et d’évolutivité suffisant et nécessaire pour inventer et mettre sur le marché des applications blockchain décentralisées dans un futur proche. Tout au long de ce livre, nous explorerons les capacités, le potentiel et les défis que représentent le projet Ethereum. Nous jetterons également un œil sur les concepts et applications pratiques de cette nouvelle technologie.

En effet, il est important de comprendre que de nombreux aspects sous-jacents d’Ethereum, en particulier en ce qui concerne les critiques et la feuille de route du développement, sont hautement techniques. Plonger dans les lignes de codes et décrypter les concepts mathématiques liés à Ethereum est au-delà de la portée de ce livre.

A l’inverse, nous analysons les idées fondatrices et explorons le côté pratique : Qu’est-ce que c’est ? Comment fonctionne-t-il ? Comment puis-je l’utiliser ? Nous décortiquons les différences fondamentales entre Bitcoin et Ethereum à la lumière d’exemples concrets sur la façon dont Ethereum est utilisé pour développer de nouveaux types d’applications

Par Pierre Collignon